On The Road


Micro-climat Skofja-Lokatique

Bon j’ai déjà vu la pluie un peu ici mais jusque là, c’était pas grand chose.

Depuis que je suis arrivée il y a un orage à peu près tous les deux jours. Quand tu as super chaud, que tu n’arrives plus à dormir, que tu transpires comme un porc et que tu te crois presque en amazonie. Eh bien c’est le signe que l’orage arrive et c’est comme ça en alternance tous les deux trois jours depuis le début du mois. Alors bien souvent quand tu es dans cette configuration amazonienne, tu l’attends l’orage, tu l’attends avec impatience, parce que, et de une c’est beau, et de deux ça détend un peu l’atmosphère, ça fait baisser la pression et tu te sens plus frais.

Sauf que maintenant, je les attends plus les orages.

j’explique.

Ici à skofja loka, l’orage a la facheuse manie de bien te narguer. « oui oui j’arrive » qu’il te dit, parce que tu l’attends vraiment dans ta lassitude tanspirante. « j’arrive j’arrive, regarde les nuages, ainsi que le vent, et les oiseaux et les insectes ! » et puis trois heures après t’attends toujours, parce qu’il t’a posé un lapin l’orage, à chaque fois il te fait le même coup. Il se prépare, il te mets bien en haleine, mais c’est dans la vallée voisine qu’il va s’éclater.

Et de ton côté tu observeras les éclairs, tu entendras le tonerre, mais jamais tu ne trembleras. Il tourne autour de toi l’orage, il va jouer derrière les collines. Stroboscopes et courants d’airs, ta rivière se trouble mais aucune goutte n’y tombe.

Alors aujourd’hui c’est la fête, parce que l’orage il est venu s’excuser de te tromper. Il m’a réveillée ce matin. Une petite bise qui traverse l’appartement. Et la pluie qui se met à frémir. D’accord il n’a pas complètement explosé mais il s’est présenté. La dance a commencé, vagues de brume, blanc, gris, jaune et vert des feuillages… Il a été rapide, il s’est engouffré sur la ville par les vallées, il a passé  par dessus les collines a vive allure, il a tout encerclé dans ses nuages. Le ciel s’ouvrait puis se refermait, le vent s’est invité pour de bon et la pluie aussi. Et enfin le ciel éclate, une fois… puis deux. Le soleil revient par instant, l’orage repars, il me laisse ses nuages m’encercler et la pluie me bercer. Tout est blanc et silencieurx autour de moi et la pluie impose ses rythmes.

La tête dans nuages.

nuages lubnik


Trahi par le pli du fer à repasser…

le jeune slovénien porte un nouveau tee-shirt propre et repassé chaque jour.  Le jeune slovénien sent l’odeur de sa maman jusque parfois plus de 30ans. Le slovénien habite toujours chez ses parents, qui eux mêmes habitent chez leurs parents.

En gros quand t’arrive chez un pote pour te bourrer la gueule, ou chez ton petit copain pour lui faire une tite surprise, eh ben c’est raté ! Il faudra d’abord dire bonjour à la soeur, au ptit frère, à papa, maman puis ensuite mamie et grand papa… et si t’as de la chance les frères et soeurs ont pas encore de gosses. Parce qu’en plus on est à skofja loka, la ville de slovénie qui a la plus haute natalité, chose que j’ai devinée dès le premier jour. C’est incroyable, y’en a partout, des touts petits, des pluis grands, des qui puent, des gros ventres, des pousettes, des landeaux, des vélos à roulettes, des parc pour enfants partout avec des trampolines dedans.

Bref la famille slovénienne vit au grand complet vous l’aurez bien compris.

Le jeune slovénien sent toujous bon, ne porte jamais de tee-shirt froissé qui aurait été rangé en boule dans son armoire par inadvertance. Le jeune slovénien sait boire du vin sans se tâcher et se promène toujours avec son pli sur les épaules (celui du fer à repasser) Il est tout de suite très facile de repérer ceux qui habitent seuls.

Le jeune slovénien fait aussi du sport, beaucoup de sport. Que dis-je, tous les slovéniens font du sport. Beach volley, tennis, foot, skate, course, basket, badmington, hand ball, vélo, hockey, ya des vélos partout. Et nan on est pas en hollande mais bien en montagne. Et toujours en famille encore une fois. Maman va faire son jogging avec sa fille. Papa va faire du vélo avec ses garçons. Cousin et cousine sautent tout l’après midi sur le trampoline et mamie les surveille en jouant au ballon avec le petit dernier.

Le jeune slovénien sait utiliser ses mains et son temps. s’il a besoin d’un skate park il va trouver une bande de potes, du matériel et quelques heures en été pour le fabriquer lui même. S’il faut rénover entièrement un lieu culturel, il le fait de lui même aussi. Tronçoneuse, peinture, scie sauteuse, soudure, poutres, canalisation, ciment, béton, platre, électricité, carrelage, mosaïque. De la plomberie à la déco en passant par le jardin, pendant tout un été une troupe de jeunes slovéniens va s’activer bière à la main et cigarette au bec sans jamais faire appel à un seul professionnel. Le jeune slovénien n’y a d’ailleurs même pas pensé.

Le jeune slovénien fait la fête. Après l’effort le réconfort, et ici le communisme nous apprends qu’il faut toujours nourrir un homme qui travaille. En l’occurence à ZavodO si tu donnes de ton temps dans la rénovation des lieux, ou si tu participes à la création d’un spectacle; eh bien il y aura toujours la pause barbecue ou pizza pour te nourrir. Pas besoin d’emmener ton panier pic nic avec toi pour la pause, pas besoin d’économiser pour le petit verre d’après répétition… la tireuse est installée entre la tronçonneuse et le carrellage empillé. Et quand la journée se termine, le jeune slovénien répond à ses besoins. Il vide trois ou quatres fûts de bières avec ses amis travailleurs sportifs artistes. Et il tient debout. Plutôt bien même.

Conclusion: le jeune slovénien sent toujours bon, est bien habillé, est musclé et parfois même bourré. Le jeune slovénien est drôle (parce que bourré) et n’est pas gros, et en dehors de ce qu’il ingurgite sur son lieu de bénévolat communiste, le jeune slovénien mange bien et équilibré puisqu’il habite toujours chez sa maman !

Sans cette dernière (la belle-maman), le jeune slovénien serait-il l’homme parfait ?


J’habite où déjà ? Ha oui ! Sk.Loka, Podlubnik 159, en Slovénie ! #Jour 4

J’ai un nouveau vélo. C’est Istok qui me l’offre, on le regonfle, puis on essaye de le réparer car les freins ne fonctionnent plus, puis on le teste, et on re-répare, et on re-essaye.. La situation est comique. L’entretien de ce vélo devient un prétexte sous les petites gouttes de pluies pour qu’on prenne le temps de parler de nous, d’échanger nos expériences et d’apprendre à se connaitre. Il est comédien et fait parti de la troupe de théâtre de la ville. On abandonne la réparation du vélo, je me déplacerais désormais sans freins arrières et sans lumière.
Il m’invite à aller boire un verre au Jasharna, le premier bar que j’ai testé ici le premier jour. C’est une ancienne vinaigrerie très belle et c’est le nom qu’il porte. Le patron parle (très bien) français, il s’appelle Bojan et est très accueillant. Ce café risque fortement de devenir mon repère pour l’année. Bojan aussi fait du théâtre, c’est lui qui a le rôle principale de leur prochain spectacle.
Et leurs amis sont arrivés, quelques artistes, des comédiens aussi puis la scénographe. Ils sont très accueillant, on parlera un peu en slovène, et pas mal de théâtre… longtemps, très longtemps. Et entre autres choses, de mon arrivée ici, de mes nouveaux papiers de déclaration sur le territoire slovène, de mon nouveau passeport où mon adresse sera celle d’ici !
Il pleut toujours dehors, de plus en plus, je bois du vin, beaucoup de vin. Je me sens bien avec eux.
Puis la nuit tombe. Je dois rentrer chez moi. En vélo, dans le noir, sans freins et sans lumière. Il y a des trous partout mais je trouve ma route correctement. J’arrive à Podlubnik, mon quartier, et une fois aux pieds des immeubles, je ne me rappelle plus lequel est le mien…
Et merde… est-ce que je vais devoir essayer ma clé sur tous les bâtiments jusqu’à ce que le bon s’ouvre ? J’aurais peut-être du repérer de quelle porte je suis sortie ce matin pour la première fois. 155 ? Nan. 161 ? 159 ! Ha non 158, ha, bah si 159 ! 159 ? Merdeuhh, c’est quoi le numéro déjà ?!


Des équilibres sur l’Adriatique.. #Week-end 1

12h47 à l’aéroport de Ljubljana. Le vol numéro JP 323 du 31 juillet a quelques minutes de retard. Premiers pas de volontaires sur la terre slovène. Premiers instants, premières heures et première journée qui va s’écourter très vite.
En 20 min me voici arrivée à Skofja Loka, ma nouvelle ville. Matjaz et Jelka m’ont accueillie et me font un rapide tour de la ville, des principaux lieux d’expression de la culture, et du meilleur bar qui existe ici où nous allons boire un coup accompagnés de Janis, mon ‘mentor’. (Lors du séminaire de formation au départ en sve, nous avons fait quelques mises en situation et cas pratiques sur la gestion de conflits, la tenue vestimentaire, les opinions politiques, les choix à prendre ou non et comment les prendre… Etc… Ais-je vraiment répondu ‘oui‘ à la question « dois-je me retenir de coucher avec mon mentor » ?!)
La ville n’est pas grande du tout, voire toute petite et tout le monde connaît tout le monde. LA française n’aura aucun anonymat, j’ai intérêt à bien me tenir…
Toutes les heures, l’Eglise se met à chanter à plein fouet comme pour un mariage sauf qu’il n’y a pas de mariage. Et des églises il y en a à peu près une dizaine voire plus ! Ils sont très tradition et catholicisme ici, y’a pas de débordement possible pour une partie de la population, pas de fête, ni de rock, ni de drogue, ni de sexe avant le mariage et on vous le rappel pile à l’heure pendant 24h.
Dans les rues, les volets n’ont pas de volet. Les volets sont des fenêtres. Vous me direz « à quoi ça sert dans ce cas si ça laisse toujours passer la lumière !? » Eh bien, ces doubles fenêtres, elles laissent passer la lumière, certes, mais garde la chaleur pour empêche l’hiver de s’introduire trop dans les habitations. Il fallait le comprendre pour ne pas les prendre pour des fous…
Après notre petite ballade, je rencontre mon colocataire en rappel sur un immeuble avec son casque et ses chaussures de sécurité. Puis mes hôtes me montrent enfin mon appart dont je ne profiterais que quelques minutes. Me voici déjà repartie sur la route en direction de la Croatie.

Quelques heures de routes, passage de la frontière avec succès, Ferry de 30min… Et le périple commence.
On se dirige de nuit à l’extrémité de l’île. On arrive à un petit village magnifique avec son port et sa fontaine kitsch. Il y a aussi beaucoup de jeunes gens bourrés qui circulent, chantent et crient dans tous les sens. Mais nous n’irons pas les rejoindre à la boat party qui les rend ainsi.
Nous irons boire notre bouteille de rouge (une piquette) et on parlera de nos pays, de nos vies, de nos angoisses. Je dois être un peu bourrée quand même parce qu’il me demande pourquoi les français sont toujours en train de faire des acrobaties ou de faires les clowns.
-Et ça pourrait être plus facile à cause de ton poids, me dit-il, mais ils ne sont pas tous petits comme toi les français..
-C’est une question d’équilibre pour ma part…
-Equilibre ? …c’est un joli mot !

Et puis les français sont tous des artistes nan ? Un peu ‘freaky’ dans l’âme. C’est comme ça qu’est vu mon coloc slovène du moment: crazy, freaky, un mec pas dans la norme du tout. Moi je le trouve normal, il mange bio, fait de l’escalade et a décoré sa voiture, il est où le problème ? Les gens d’ici lui ont mis dans la tête qu’il était bizarre, et du coup il craignait de me faire peur. Mais je lui ai montré que tout allait bien pour moi, qu’il n’avait rien de si particulier que ça à mes yeux. Il est même très gentil, ordonné, intéressant, tout va bien se passer.

Cette nuit-là au bout de l’île, j’ai dormi sous les étoiles sur le toit de la voiture. Parfait !
On improvisera un petit dèj sur le bord de mer quelques kilomètres plus loin.
La majorité de ce week-end se fera en improvisation, où dormir, que faire, quoi manger ?
Entre la mer, la montagne et le ciel, les touristes se croisent par centaines sur les routes bordées de petits murs en pierres. Que dis-je ? De long et grand mur en pierre dont je ne connais pas le secret d’imbrication qui les font ainsi encore tenir debout..
Nous avons parcouru pratiquement toute l’île, musique à fond dans la voiture, ou pieds en feu d’avoir marché des heures en montagne. rejoindre des plages paradisiaques, regarder les couchers de soleil du bout du monde, dormir sur la côte à 3m de la mer qui clapote.
De la fatigue, mais des souvenirs magnifiques, des traces de bronzage plutôt correctes, un grand moment de détente gratuit avant le début de l’aventure slovène !
Retour final le lundi, en pleine nuit, 1h30 du mat. Matjaz me jette dans mon appart avec toutes mes affaires que je n’avais pas encore sortie de son coffre. Puis il m’abandonne pour vite aller se coucher aussi et me donne rendez-vous à son bureau pour le lendemain matin. Ok, je n’ai pas de carte de la ville et je ne me rappelle pas vraiment des chemins emprunter vendredi dernier pour aller d’un point à un autre alors que je n’étais encore pas trop fatiguée. Tout va bien !
J’ai réussi à passer le premier test de résistance ce week-end. Au tour du test d’orientation !

Je n’arrive pas à télécharger mes (quelques) photos donc vous n’avez plus qu’à imaginer, ou à vous déplacer vous-même.. De toutes façons ça ne pourrait jamais être aussi beau que la réalité. Les ports et leurs gros bateaux, les calamars grillés, le rakja (eau de vie yougoslave) offert en digestif… les pieds dans l’eau claire et chaude, les long mur de pierre qui bordent les routes où deux voitures ne peuvent pas se croiser, les chemins dangereux empruntés pour descendre sur une plage déserte, le soleil derrière ce vieux village et son puits, la superbe côte sauvage et ses rochers en guise d’oreiller, les couleurs, les hauteurs, les odeurs !


London State Of Mind |
C'est parti pour Tahiti !!! |
Mon séjour à Plzen et mes v... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | jeremydrevet
| Pornic2010
| mon voyage au Japon